| Grâce à ses excellentes qualités de désinfection et
d'oxydation, l'ozone est énormément utilisé
pour le traitement de l'eau potable.
L'ozone peut être utilisé pour différents objectifs dans les systèmes de
traitement, tels que pour une pré-oxydation, une oxydation intermédiaire ou
une
désinfection finale.
Généralement, il est recommandé d'utiliser l'ozone pour la pré-oxydation,
avant un filtre à sable ou un filtre à charbon actif (GAC). Après l'ozonisation,
ces filtres peuvent éliminer la matière organique restante (important pour
une désinfection finale).
Cette combinaison a plusieurs avantages:
- L'élimination de la matière organique et inorganique
- L'élimination des micropolluants, tels que les pesticides
- L'amélioration du procédé
floculation/coagulation-décantation
- L'amélioration de la désinfection et la réduction des
sous-produits
de désinfection
- L'élimination des goûts et des odeurs
Elimination de la matière organique et la matière inorganique
Toutes les sources d'eau contiennent de la matière organique naturelle.
Les concentrations
(généralement mesurées en carbone organique dissous, DOC) diffèrent de 0,2
à plus de 10 mg L-1 [6]. La matière organique naturelle crée des
problèmes directes, tels que le goût et l'odeur de l'eau, mais également
des problèmes indirects tels que la formation de
sous-produits
organiques de désinfection, encourageant le développement de
bactéries dans les systèmes de distribution, etc. Pour produire une eau
potable pure, l'élimination de la matière organique naturelle est une
priorité dans les traitements modernes de l'eau.
L'ozone, comme n'importe quel autre oxydant, réalise rarement une
minéralisation complète de la matière organique naturelle. La matière
organique est partiellement oxydée et devient plus facilement
biodégradable.
Ceci entraîne une plus grande quantité de BDOC (DOC Biodégradable).
Par conséquent, l'ozone améliore le procédé d'élimination de la matière
organique naturelle par un filtre subséquent, lorsqu'il est utilisé en
tant que pré-oxydant [33,39,40]. Dans une recherche de Siddiqiui [40],
l'effet de l'ozone en combinaison avec un filtre biologique est décrit.
Le traitement combiné a pour conséquence la réduction de la DOC de
40 à 60%. L'élimination est encore meilleure lorsque l'ozone est utilisé
avec un coagulant. Ceci parce que l'ozone peut favoriser le procédé de
coagulation.
La combinaison coagulation–ozone–bio filtration permet une réduction de
la DOC de 64%. Lorsque la bio-filtration seule était utilisée, le taux de
réduction était seulement de
13%. La concentration optimale pour éliminer la matière organique par
l'ozone était une dose d'ozone de: O3/DOC = 1 mg/mg.
La plupart de la matière inorganique peut être éliminée par l'ozone
assez rapidement [15,39]. Après l'ozonation, une bio filtration est
également requise pour la matière inorganique. En fait, l'oxydation
forme des composés insolubles qui nécessitent d'être éliminés lors de la
prochaine étape de
purification de l'eau.
Pesticides
Les micropolluants tels que les pesticides peuvent occuper l'eau de
surface, mais également dans les eaux souterraines. Les normes de l'eau
potable pour les pesticides dans l'Union Européenne sont strictes: 0,1 μg l-1
pour chaque composé [38].
Plusieurs chiffres montrent que l'ozone peut être efficace pour
l'oxydation de plusieurs pesticides. Dans une unité de traitement de
l'eau à Zevenbergen (Pays-Bas), il a été prouvé que trois barrières (stockage–ozonation–filtre
à charbon actif (filtre GAC)) sont efficaces et assez sures pour
l'élimination des pesticides. Sur 23 pesticides testés, 50 % furent
suffisamment dégradés
(80 % de dégradation). Le tableau 1 montre un aperçu sur les pesticides
qui sont facilement dégradés par l'ozone. Pour les pesticides très
résistant, un plus fort dosage d'ozone est
conseillé, ou de l'ozone combiné au peroxyde d'hydrogène [38].
Tableau 1: dégradation des pesticides facilement dégradables par
ozonation (%)
| Pesticide
|
pH
7,2; 5 °C; O3/DOC = 1,0 |
pH
7,2; 20 °C; O3/DOC = 1,0 |
PH
8,3; 20 °C; O3/DOC = 1,0 |
| diazinon
|
86
|
92
|
92
|
| diméthoate
|
97
|
97
|
97
|
| parathion-méthyle
|
85
|
91
|
91
|
| diuron
|
91
|
95
|
98
|
| linuron
|
67
|
81
|
89
|
|
methabenzthiazuron
|
78
|
90
|
94
|
| metobromuron
|
83
|
91
|
94
|
| MCPA
|
83
|
87
|
90
|
| MCPP |
91
|
93
|
93
|
| chlortoluron;
isoproturon; metoxuron; vinchlozoline |
>
99 |
>
99 |
>
99 |
Réduction des sous-produits de désinfection et amélioration de la
désinfection
Les
sous-produits de désinfection (DBP) sont principalement formés lors
de la réaction entre la matière organique et un désinfectant. La
réaction du chlore avec la matière organique peut mener à la formation
de DBP organiques chlorés, tels que les trihalométhanes
(THM). L'ozone peut également réagir avec la matière organique et forme
des DBP. Ceux-ci sont principalement des sous-produits organiques, tels
que les aldéhydes et les cétones,
qui peuvent être facilement dégradés par un bio filtre (90-100%). Généralement,
ces DBP organiques de l'ozone ne présente aucun risque de violation des
normes de l'eau potable, lorsque l'ozone est utilisé comme pré-oxydant.
Pour réduire la quantité de DBP à un système de désinfection
conventionnel (désinfection
par produits chlorés), il est important que le potentiel pour former
des DBP reste faible. Ceci s'exprime souvent en tant que potentiel de
formation de DBP (DBPFP).
Le potentiel pour former les DBP peut être réduit par l’élimination de
(la plupart de ) la matière organique naturelle, par exemple par
pré-oxydation à l'ozone (ozone-filtration).
Cette combinaison peut réduire le DBPFP de 70 à 80%, lorsque le chlore
est utilisé comme désinfectant final [40]. Ceci concerne le DBPFP pour
les THM, les acides halo acétiques et l'hydrate chloral.
L'ozone est un désinfectant plus efficace que le chlore, les
chloramines,
et même le
dioxyde de chlore. Une dose d'ozone de 0,4 mg/L pour 4 minutes est
généralement efficace pour l'eau prétraitée (faible concentration en
matière organique naturelle) [39]. Plusieurs études ont prouvé que
l'ozone, contrairement aux produits chlorés, peut désactiver les
microorganismes résistants (voir
la page sur les microorganismes résistants). Cependant, comme
l'ozone se décompose rapidement dans l'eau, sa durée de vie dans les
solutions aqueuses est très courte (moins d'une heure). Ainsi, l'ozone
est moins appropriée à la désinfection résiduelle et peut seulement être
utilisée dans les cas particuliers (principalement dans les petits
systèmes de distribution). Le chlore et le dioxyde de chlore remplacent
souvent l'ozone dans la désinfection finale. Pour la désinfection
primaire (antérieur à la bio filtration)
l'ozone est très adapté. Ceci mènera à une désinfection plus complète
et à une plus faible concentration en désinfectant.
Elimination du goût et de l'odeur
La production d'odeur et de goût dans l'eau potable peut avoir plusieurs
causes. Des composés entraînant le goût et l'odeur peuvent être présents
dans l'eau brute, mais ils peuvent également être formés lors du
traitement de l'eau. Ces composés peuvent dériver de la décomposition de
matière, mais normalement ils résultent de l'activité d'organismes
vivants présents dans l'eau [5]. Les composés inorganiques tels que le
fer, le
cuivre et le
zinc peuvent aussi générer un goût
spécifique. Une autre possibilité est que l'oxydation chimique
(traitement au chlore) mène à des goûts et des odeurs désagréables.
Les composés provoquant des goûts et des odeurs sont souvent très
résistants. Ainsi, leur élimination nécessite un procédé très intense [33].
Pour l'élimination du goût et de l'odeur, plusieurs procédés peuvent
être appropriés, tels que l'oxydation, l'aération, la filtration au
charbon actif (GAC) ou la filtration au
sable. Généralement, on utilise une combinaison de ces techniques.
L'ozone peut oxyder les composants sur une gamme de 20 à 90% (en
fonction du type de composé) [6]. L'ozone
est plus efficace pour l'oxydation des composés insaturés. Comme ce fut
le cas pour l'oxydation des pesticides, l'ozone combiné au peroxyde
d'hydrogène (procédé AOP) est plus efficace que l'ozone seul.
Le geosmin et le 2-méthylisoborneol (MIB) sont des exemples de composés
odorants résistants, qui sont souvent présents dans l'eau. Ils sont
produits par une algue et ont une faible odeur et un léger goût. Néanmoins,
l'ozone a encore une très grande action sur ces composés, voir figure 1.

Figure 1: Elimination du MIB et du Geosmin (eau de
rivière du Colorado, US)
Généralement, la voie la plus efficace pour éliminer les composants
ayant une incidence sur le goût et l'odeur semblent être une combinaison
entre la préoxydation et la filtration [5].
Le tableau 2 montre plusieurs combinaisons de techniques pour améliorer
le goût. L'ozone avec un filtre à sable et une filtration au GAC est la
combinaison la plus efficace (82% d'élimination).
Tableau 2: effet de l'ozone et de traitement subséquent pour la
réduction de le goût et l'odeur effectués sur le pilote de traitement à
Saint-Maur (France)
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