Pré-traitement dessalement


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Technologie membranaire

Pour conserver l'efficacité et la durée de vie d'une installation d'osmose inverse, un pré-traitement de l'eau est nécessaire. Ce pré-traitement permettra d'éviter ou de minimiser le bioencrassage, l'entartrage et l'obstruction des membranes.

Pour réaliser un pré-traitement fiable et ininterrompue de l'eau alimentant le système, on utilise une approche particulière. Un pré-traitement non-adapté à l'installation peut provoquer une surcharge du système. Quand cela se produit le système doit être nettoyé beaucoup plus souvent pour retrouver la productivité et la rétention de sel initiale. Les coûts de nettoyage, les performances du système, les temps d'arrêt sont des paramètres à prendre en compte dans ces situations.  
Le type de pré-traitement nécessaire dépend beaucoup de la qualité de l'eau utilisée:

· origine de l'eau d'alimentation
· composition
· fonction de l'eau

Lorsque la source d'eau est déterminée, on réalise une analyse de l'eau complète et précise. C'est une étape importante pour la conception du système de pré-traitement et du système d'osmose inverse entier, afin de déterminer le type et la taille du pré-traitement.

Analyse de l'eau à traiter

En général dans un système d'osmose inverse l'eau à traiter est soit:
· de l'eau saumâtre avec une faible concentration de sel et une concentration totale en solide dissous pouvant aller jusqu'à 5 000 ppm, ou
· de l'eau saumâtre avec une concentration élevée en sel et une concentration totale en solide dissout comprise entre 5 000 et 15 000 ppm, ou
· de l'eau de mer avec une concentration totale en solide dissout autour de 35 000 ppm

On considère les eaux de mer avec une concentration totale en solide dissous de 35 000ppm comme la norme, à cause de son abondance mondiale. En fait cette concentration peut varier énormément, par exemple la mer Baltique à une concentration en solide dissout d'environ 7 000mg/L, alors que la concentration en solide dissout de la mer rouge est de 45 000mg/L. 
Lors des analyses de l'eau de mer, on doit garder à l'esprit que l'influence des terres est importantes dans la composition de l'eau de mer. Un échantillon qui est prix en pleine mer peut avoir une composition très différente d'un échantillon prélevé près des côtes.
Le facteur limitant pour le traitement des eaux de mer avec un système d'osmose inverse est la pression osmotique, provoquée par la concentration élevée en solides dissous. Le facteur limitant pour le traitement des eaux saumâtres avec un système d'osmose inverse est principalement sa composition chimique qui implique précipitation et entartrage (du fait du carbonate de calcium et des sulfates). La composition chimique des eaux saumâtres varient beaucoup et dépend beaucoup de l'emplacement. 
Pour concevoir un procédé satisfaisant, une analyse très précise de l'eau doit être réalisée. Dans une analyse de l'eau on répertorie les concentrations des sels inorganiques et d'autres données sur l'eau à traiter.  

Prévention et contrôle de l'entartrage

L'entartrage est l'accumulation de sels (partiellement) insoluble dans la membrane. Lorsqu'une installation d'osmose inverse à un taux de recouvrement de 50%, la concentration en sel du concentrat est le double de celle du flux d'alimentation. Lorsque le taux de recouvrement augmente, les risques d'entartrage augmente aussi. De ce fait il est très important de ne pas dépasser la limite saturante des sels (partiellement) insolubles. 
Les sels partiellement insolubles qui causent des problèmes dans les installations d'osmose inverse sont principalement le carbonate de calcium, le sulfate de calcium (CaSO4) et la silice, mais aussi le fluorure de calcium (CaF2), le sulfate de baryum (BaSO4) et le sulfate de strontium (SrSO4).

Les dépôts de carbonate de calcium peuvent être empêché par l'addition d'acide. L'addition d'anti-tartre peut empêcher la précipitation des sels de baryum et strontium, les silicates et le fer. On doit toujours garder à l'esprit que les anti-tartres peuvent augmenter le bio-encrassement (encrassement par des micro-organismes). Ceci peut être évité en réduisant la demande en produits chimiques ou en utilisant des produits chimiques de composition différentes. 
L'utilisation d'anti-tartres ne peut pas toujours être évitée. Diminuer le taux de recouvrement de 25% réduit les risques de sur-saturation et de précipitation des sels (entartrage). 
On peut remplacer les éléments membranaires au bout de un ou deux ans, cela limite l'utilisation d'anti-tartre. Cette méthode est utilisée dans les installations relativement petites, par exemple les installations produisant de l'eau potable pour un usage domestique. 
Une autre méthode de nettoyage est d'ouvrir le couvercle du concentrat pour un nettoyage sous basse pression. 

Protection contre l'encrassement par les colloïdes 

Dans les systèmes d'osmose inverse la pollution par les colloïdes peut sérieusement diminuer les performance en diminuant la productivité. un des signes de ce type de pollution est l'augmentation du gradient de pression. Les origines de cette pollution peuvent varier. Elle est en général due aux bactéries, à l'argile et aux produits de corrosion du fer.  
les produits chimiques qui sont utilisés lors du pré-traitement peuvent aussi provoquer l'encrassement des membranes. La meilleure technique disponible pour déterminer le potentiel d'encrassement par les colloïdes d'une eau d'alimentation est la mesure du MFI (modified fooling index). C'est une mesure importante que l'on effectue avant de concevoir le système de prétraitement. Cette mesure doit être effectuée régulièrement lorsque le système est utilisé. 

Afin de maintenir un MFI de (moins de) cinq, il y a plusieurs méthodes de pré-traitements pour diminuer le MFI:
· Filtre à sable et filtre-bougie
· Ultra filtration et micro filtration
· Coagulation et flocculation
. Protection contre le bioencrassement

Toutes les eaux de surface contiennent des micro-organismes, algues, champignons, virus et autres organismes. Les micro-organismes sont des polluants colloïdaux, car ils ne sont jamais plus grands que 1 à 3 µm. De ce fait les bactéries peuvent être éliminer avec les techniques qui éliminent les colloïdes.  
Les conséquences de la croissance biologique dans un système membranaire influence de façon négative le système, tout comme les autres contaminants. Les symptômes de l'encrassement peuvent aller d'une pression plus élevée au niveau de l'alimentation, à un télescopage et un endommagement de la membrane. parfois le biofilm peut se développer dans le perméat, le polluant de nouveau.

Le nombre de micro-organismes dans l'eau de surface, l'eau d'alimentation et dans le concentrat peut nous donner des indications valables sur le niveau de contamination de l'eau. Les types et les quantités de nutriments présents dans l'eau d'alimentation sont des facteurs qui déterminent la croissance du biofilm. Malgré le fait que plusieurs chercheurs étudient la croissance des biofilms, elle n'a pas encore été complètement comprise.
Le meilleur moyen de découvrir le bioencrassement lors de son développement est de contrôler des surfaces de test dans l'eau d'alimentation. Le ‘Robin Sampler’ est un appareil simple, qui expose de petites surfaces de test à l'eau. Ces contrôles de surface peuvent être effectués régulièrement et peuvent être testés pour la croissance et l'attachement de bio-film. 
Une inspection périodique des filtres-bougie et des pipe-line peut aussi être utile. La présence de mucus ou d'odeurs étranges peut être une indication de l'apparition d'un bio-film.

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